Ces petites mains ne sont pas humaines

Il n’y a pas que les humains qui ont laissé des traces dans les peintures rupestres : les animaux aussi ! Sur les parois de Wadi Sura II, grotte du Néolithique découverte en 2002 en Egypte, une équipe de chercheurs du CNRS a observé de près treize petites traces de mains (photo), inscrites en négatif par les hommes préhistoriques qui ont soufflé des pigments dilués sur des mains appliquées sur la paroi. Jusqu’à présent, ces traces étaient considérées comme appartenant à des enfants ou à des fœtus. « Dès le premier coup d’œil sur le site, ces empreintes de main m’ont semblé être trop petites pour être celles de bébés, » affirme Emmanuelle Honoré (CNRS/Université de Cambridge). Après vérification avec la taille des mains des nouveau-nés et prématurés de la maternité du CHRU de Lille, les chercheurs estiment à 0,01% la probabilité que les traces de la grotte soient celles d’êtres humains. Elles seraient celles de reptiles ! « Il n’existe aucune autre empreinte de patte animale connue sur toute la moitié nord de l’Afrique, continue la chercheuse. Les empreintes animales sont traditionnellement associées à l’art rupestre australien, asiatique ou sud-américain. »