Microbes, sphères métalliques et petits hommes verts – un etat des lieux de la recherche spatiale

Beaucoup de scientifiques en sont convaincus : il existe une vie ailleurs dans l’Univers. Voici les grandes théories et les principaux résultats des recherches.

DES MICROBES EXTRATERRESTRES

Comme l’a publié L’Express, Ellen Stofan, responsable scientifique à la Nasa, est convaincue que nous allons trouver des formes de vie au sein de notre système solaire dans les dix à vingt prochaines années. Rien à voir avec de petites créatures humanoïdes aux yeux immenses et pourvues d’antennes sur la tête. Il s’agira tout au plus de microbes extraterrestres, lesquels pourraient être présents sur plusieurs planètes. Mais on suppose qu’ils sont essentiellement là où une grande quantité d’eau existe sous forme liquide. C’est le cas sur Europe, une des lunes de Jupiter, ou encore sur Mars. 

La mission Rosetta : une vie microbienne sur des comètes

D’après les dernières données fournies par la sonde spatiale Rosetta, la comète Tchoury pourrait abriter une abondante vie microbienne. Depuis l’été 2014, la sonde spatiale Rosetta tourne autour de son objectif, et en novembre, elle a déposé le robot Philae directement sur cette comète. Max Willis de l’Université de Cardiff est d’avis qu’en raison de sa surface réfléchissante, Tchoury aurait une activité géologique et que les conditions qui y règnent pourraient être plus propices à la vie que celles de l’Arctique. Mais à ce jour, cette théorie n’a pas été confirmée.

Des microorganismes dans l’atmosphère terrestre

Une équipe de chercheurs de l’Université de Sheffield affirme avoir découvert une vie extraterrestre. A l’aide d’un ballon-sonde, ils ont trouvé à 27 kilomètres d’altitude, dans les zones les plus éloignées de l’atmosphère terrestre, des micro-organismes qui, pensent-ils, ne sont en aucun cas originaires de notre planète. Les particules en question seraient trop lourdes pour pouvoir atteindre la stratosphère en se laissant porter par des courants aériens. Il s’agit d’un nuage de tissus et de sphères métalliques contenant un liquide visqueux, le tout d’une taille microscopique. Milton Wainwright, professeur de biologie moléculaire et directeur de cette équipe de recherche, a publié en 2013 dans le Journal of Cosmology un article dont la crédibilité aurait été mise en doute à plusieurs reprises, d’après le Huffington Post (anglais). Un an plus tard, Milton Wainwright présentait les organismes en question et avançait une thèse selon laquelle il pourrait s’agir d’un micro-organisme artificiel ayant été programmé pour répandre une vie étrangère sur notre planète. Les sceptiques objectent que ces organismes pourraient provenir de la Terre.

Des formes de vie insolites sur notre planète

A l’Institut de recherche planétaire du Centre allemand pour l'aéronautique et l'astronautique (DLR) à Berlin-Adlershof, des scientifiques recherchent des formes de vie extraterrestre. Et ils ne sondent pas l’espace mais bien notre planète. Car avant d’aller chercher la vie ailleurs que sur Terre, il faut d’abord définir ce qu’est la vie. C’est précisément ce que fait l’astrobiologiste Jean-Pierre Paul de Vera qui réalise des expériences sur des extrêmophiles, ces organismes capables de vivre dans des conditions extrêmes. Il veut savoir comment le matériel biologique se comporte dans l’espace et tente de systématiser la recherche de la vie dans l’univers. Pour plus d’infos, lire notre dossier sur les extrêmophiles : Vivre en Enfer.

Des planètes semblables à la Terre

En analysant les données du télescope spatial Kepler, lancé en 2009 par la Nasa, une équipe de chercheurs réunie autour de Courtney Dressing, au Harvard-Smithsonian Center for Astrophysics (CfA), dans le Massachusets, a déduit qu’il existerait des planètes semblables à la Terre. En 2013, ces chercheurs ont présenté des résultats. Ils avaient identifié trois planètes qui avaient à peu près la taille de notre Terre et dont la température permettrait à l’eau d’être liquide. Cela dit, ils estimaient que Kepler ne pourrait pas détecter toutes ces planètes dont on a calculé qu’il en existerait 4,5 milliards dans notre seule galaxie. Et la vie sur ces planètes pourrait même être plus évoluée que la nôtre.

Où la vie a-t-elle existé en premier : dans l’espace ou sur la Terre ?

Nalin Chandra Wickramasinghe, le directeur du centre d’astrobiologie de l’Université de Buckingham, est un défenseur de la théorie de la panspermie. Celle-ci indique que la vie soit arrivée sur Terre par des organismes simples, évoluant en permanence dans le cosmos, qui ont fini à un moment ou à un autre par se poser sur des planètes. Mais cette théorie est loin de faire l’unanimité dans les milieux scientifiques.