Quel potentiel énergétique nos maisons recèlent-elles ?

Le bâti contribue pour 40 % à la consommation d’énergie ainsi qu’aux émissions de CO2. Il est à l’origine de 60 % de la consommation des ressources, et, au moins en Allemagne, de 60 % de la production de déchets. Il faut savoir que la production de ciment émet plus de CO2 que le transport aérien pris dans son ensemble. Le bilan écologique des autres matériaux n’est pas meilleur pour nombre d’entre eux. D’où l’importance capitale de la construction pour l’écologie.
C’est aussi la raison pour laquelle des objectifs politiques clairs en matière de construction de logements sont importants, comme la réduction des besoins en chauffage et en énergie : d’ici 2050, tous les bâtiments devront avoir un « impact zéro » sur le climat. Pour atteindre ces objectifs, il faut dès aujourd’hui mettre en œuvre des approches innovantes à grande échelle.

Outre les potentiels d’économie d’énergie et de CO2  qui sont évidents, d’autres aspects sont à prendre en compte pour la construction et l’habitat. 


Energie grise : c’est l’énergie requise en amont de la construction et pour sa maintenance : le transport, l’acheminement, la fabrication et la transformation des matériaux de construction ainsi que leur élimination. Le calcul est complexe, car multifactoriel : d’où viennent les matériaux de construction utilisés ? Comment ont-ils été transformés ? Quelle est la durée de vie des différents composants ? Selon l’architecte et ingénieur allemand Werner Sobek, une sélection scrupuleuse des matériaux de construction et une réduction de la taille des éléments utilisés permettraient d’économiser au bas mot 20 % de cette énergie grise.
 

Des logements plus grands : la surface moyenne par habitant est passée ces dernières années de 35 à 42 m2, surface qu’il faut bien sûr chauffer. En règle générale, les statistiques de la consommation d’énergie sont établies par kWh/m2 et par an. Selon ces chiffres, elle a baissé d’un quart ces dernières années. En fait, la consommation par habitant est restée quasiment stable, mais pour une superficie en augmentation : quand on brûlait auparavant 7000 kWh par an pour 35 m2, on en brûle aujourd’hui 6720 kWh, mais pour 42 m2.

Financement : le plus souvent, les concepts radicalement innovants ne voient le jour que dans le cadre de projets de prestige qui bénéficient d’un financement en conséquence – par exemple la « B10 » en Allemagne, la première maison active inaugurée en juillet 2014. Pourtant, ces modèles sont théoriquement (et pratiquement) applicables – en partie tout au moins – à du bâti ancien. Mais cela coûte cher. Autre problème : 96 % des pavillons familiaux et des maisons accolées sont des propriétés privées, et les rénovations sont pour la plupart volontaires. C’est pourquoi l’Etat soutient le financement des mesures de modernisation énergétique. 

En France, l’Etat encourage financièrement les foyers à réduire leur consommation d’énergie. La loi sur la transition énergétique prévoit ainsi la rénovation de 500 000 logements par an. Au cœur de ce dispositif : une incitation fiscale, le Crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE). 30 % des dépenses consenties pour des travaux d’assainissement effectués entre septembre 2014 et décembre 2015 peuvent être déduits des impôts – indépendamment du niveau de revenus. Un « éco-prêt à taux zéro » a également été mis en place.  

Voir la panoplie des incitations sur le site officiel : La transition énergétique pour la croissance verte  
Ou encore des aides locales à la rénovation