RADIOACTIVITY- 100 ans d'archives autour de la radioactivité

A l’occasion des 30 ans de l’accident de Tchernobyl, Arte propose un nouveau regard sur la radioactivité. 
 
Le documentaire  « Tchernobyl, Fukushima, vivre avec » diffusé le mardi 26 avril à 20h55 fait entendre pour la première fois les témoignages de populations réparties aux quatre coins du monde, qui vivent aujourd’hui dans des zones dites faiblement contaminées. 
 
Avec L’expérience Web « Radioactivity », vous pouvez réaliser votre propre clip sur 100 ans d’histoire avec la radioactivité : des crèmes de beauté radioactives aux champignons atomiques jusqu’aux images en temps réel  de Fukushima, partez à la découverte d’un imaginaire collectif à part entière. 
 

Comment vit-on avec la radioactivité ? Aujourd’hui dans les territoires contaminés mais également depuis que nous la connaissons ? La dimension humaine de ces questions a été souvent occultée. C’est peut-être par elle que passe aujourd’hui la bonne appréhension du risque nucléaire.

 

Interview de Bruno Masi, réalisateur de l'expérience web Radioactivity :

Quelle idée vous faisiez vous de la radioactivité  avant ce projet ?
Mon premier contact avec la radioactivité dans un contexte autre que médical ou quotidien remonte au début des années 2000, lors de mes premiers reportages à Tchernobyl. C'était un sentiment étrange d'être confronté à tout moment à un danger impalpable, inodore, incolore. Puis en 2011, j'ai réalisé avec le photographe Guillaume Herbaut le documentaire interactif LA ZONE - RETOUR À TCHERNOBYL. Nous avons passé plus de quatre mois dans la zone interdite qui s'étend autour de la centrale, parfois dans des endroits où la radioactivité était à un niveau normal, d'autres dans des lieux dits "très sales". 
La radioactivité a toujours été pour moi synonyme de danger, sans que je parvienne à mesurer à quel point elle était nocive pour mon organisme. Avec le travail mené pour élaborer RADIOACTIVITY, j'ai pu mesurer tout le spectre du phénomène, comprendre qu'elle fait complètement partie de notre quotidien et que la relation que nous entretenons avec elle est bien plus complexe qu’elle n’y paraît. 


Comment avez-vous construit Radioactivity ?
La radioactivité et plus largement le nucléaire font partie de notre patrimoine culturel depuis plus de cent ans. Les images de la bombe atomique, mais aussi celles de Tchernobyl et de ses plaines et villes désolées et celles depuis cinq ans de Fukushima font partie intégrante de la culture vernaculaire du Web : il suffit de regarder le nombre édifiant de vidéos sur Youtube pour se rendre compte que l'imagerie de l'Atome fascine et intrigue. 
Après avoir tourné à Tchernobyl, j’avais la conviction que filmer encore et encore n’était plus utile. Qu’il fallait plutôt d'imaginer un outil "archéologique" qui permette au visiteur de plonger dans la mémoire déjà existante des archives. Cet outil, nous l’avons conçu pour qu’il permette à chacun de s’approprier et restituer à travers un clip, pour ne pas dire un mashup, ce siècle d'histoire collective. Et puis, RADIOACTIVITY, c'est aussi une manière de montrer comment les médias ont abordé la question du nucléaire à différentes époques, des espoirs des débuts aux doutes puis à la volonté d'en sortir.


Quel impact attendez-vous d’un projet comme celui-ci ?
J'aimerais avant tout que le public prenne plaisir à "jouer" avec ces archives, un plaisir esthétique et plastique, et qu'il s'approprie ce patrimoine numérique qui est un vrai pan de notre conscience. Le nucléaire a traversé tous les événements importants du XXème siècle. Entrevoir son Histoire, c'est finalement un peu mieux nous connaître nous-mêmes.