Régimes alimentaires : recettes miracles pour poids idéal ?

D’après les statistiques, une personne sur deux se trouverait trop grosse et voudrait mincir. Ce qui explique pourquoi les méthodes minceur font florès. La gent féminine est particulièrement douée pour se repérer dans cette jungle. Rien qu’en Allemagne, près de la moitié des femmes ont déjà suivi un régime dans leur vie. Parmi les plus populaires, citons quelques diètes plus ou moins fantaisistes : régimes pauvres en glucides, pauvres en graisse, à base de légumes ou à base de viande... Mais l’effet yoyo, récurrent, s’avère un obstacle au maintien du poids idéal.

Un grand classique parmi les régimes express adoptés depuis plusieurs générations : la soupe aux choux, qui promet une perte de cinq à huit kilos. Cette monodiète se déroule sur une période très courte, une semaine maximum. On a le droit de manger autant de soupe aux choux que l’on veut, et on peut compléter ses repas avec des fruits et des légumes. Le chou, un légume particulièrement indigeste, brûlerait soi-disant les graisses. Mais les diététiciens sont sceptiques : ils expliquent la perte de poids par le fait que le corps puise dans ses réserves de glucides, ce qui génère un drainage. Mais ils conseillent de faire de cette soupe non pas le repas principal mais une part d’une alimentation saine et équilibrée. C’est le seul moyen de stabiliser son poids une fois que l’on arrête le régime.

Très populaire en France comme en Allemagne, le régime Dukan a été développé par le médecin nutritionniste Pierre Dukan. Son programme se déroule sur quatre phases et privilégie une alimentation riche en protéines et peu calorique, pour atteindre le poids souhaité. Le régime Dukan ne s’adresse pas aux végétariens car il mise sur la viande et le poisson, et propose de renoncer, surtout au début, aux glucides et aux graisses. Il semble très efficace et beaucoup de célébrités l’ont adopté, mais les diététiciens invitent à la prudence : cette alimentation centrée sur les protéines provoque des carences en vitamines et en nutriments essentiels. Qui plus est, comme le programme nutritionnel n’a pas grand-chose à voir avec les habitudes alimentaires quotidiennes, l’effet yoyo est programmé à l’avance.

Le régime des groupes sanguins est lui aussi populaire et riche en protéines, mais tout aussi artificiel. S’inspirant de nos ancêtres et de leurs habitudes alimentaires, le naturopathe américain Peter J. D’Adamo a mis au point en 1996 ce concept qui vise à supprimer les protéines toxiques. Peter J. D’Adamo classe les personnes de groupe sanguin 0 dans la catégorie des chasseurs et cueilleurs de l’âge de pierre : elles devraient donc manger des protéines animales, des fruits et des légumes. En revanche, il recommande aux personnes de groupe sanguin A et B une alimentation végétarienne ou du moins équilibrée. Son explication « historique » n’est pas étayée scientifiquement, mais la grande majorité des adeptes de ce régime s’en soucie peu. Et le livre du naturopathe figure même sur la liste des livres de la catégorie « vie pratique » conseillés par le New York Times.

Alors que faire ? Une évidence s’impose. Si l’on veut maigrir, il faut consommer moins de calories que le corps n’en brûle. On peut commencer par réduire de moitié les portions dans son assiette. Mais pour perdre des kilos et stabiliser son poids sur la durée, les diététiciens recommandent d’adapter son alimentation ou d’en changer carrément. Manger équilibré et varié, beaucoup bouger, dormir suffisamment et recourir à des astuces en optant par exemple pour des assiettes plus petites, cela peut aider à atteindre un poids idéal et à le garder.

Karen Bitter