Les technologies quantiques vont-elles révolutionner le monde ?

Il y a plus d’un siècle, des physiciens ont décrit des phénomènes fondamentaux que les lois de la physique classique de Newton échouaient à expliquer. La mécanique quantique est parvenue en quelques dizaines d’années à élaborer une théorie des plus étranges, qui va largement à contre-courant de l’idée qu’on se fait du monde : dans le microcosme de la nature, un élément peut être à la fois une particule et une onde. Les résultats des mesures sont influencés par l’observation, et les grandeurs physiques peuvent ne se produire que dans certaines proportions, les quanta.  Cette première révolution quantique a bouleversé notre perception de la nature et sa description scientifique a aussi jeté des bases physiques qui ont permis des évolutions révolutionnaires comme les puces informatiques, le laser, l’imagerie par résonance magnétique (IRM) et le GPS.

Nous sommes aujourd’hui à l’aube d’une nouvelle révolution technologique, issue de la physique quantique, dont on est encore totalement incapable de mesurer l’impact. Cette deuxième révolution quantique va-t-elle bouleverser notre univers ? 

Communications sécurisées grâce à la cryptographie quantique, ordinateurs quantiques ultra-puissants capables de résoudre quasi instantanément les casse-têtes d’aujourd’hui et analyses de nouveaux matériaux dans des simulateurs quantiques ne sont que quelques applications qui, dans un futur proche, reposeront sur les capacités extraordinaires de la physique quantique. Ce qui relevait de l’utopie il y a encore quelques décennies va bientôt devenir réalité grâce aux progrès scientifiques et technologiques. Les premiers prototypes de ces applications se trouvent déjà dans les laboratoires de la planète. Et les théoriciens développent sans cesse de nouvelles idées pour mettre l’univers quantique au service de l’homme. Les technologies quantiques pourraient être les moteurs de l’innovation de l’économie et de la société du XXIe siècle. Ainsi, le prix Nobel de physique 2016 récompense les travaux de trois Britanniques expliquant, grâce à des modèles mathématiques, le comportement de matériaux "exotiques" qui permettraient dans un avenir plus ou moins proche de créer ces ordinateurs quantiques surpuissants.